L’enseignement supérieur est resté longtemps en dehors du schéma de l’alternance, mais les dispositions réglementaires ont évolué et ont permis par la loi du 23 juillet 1987 que soient mises en place ces pratiques en ouvrant l’apprentissage au supérieur technique et professionnel.
Situé dans les locaux de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie à Amiens, le CFA IRFA - APISUP a été créé en 1995. C'est à cette date qu'en Picardie, l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur, les organismes représentatifs des entreprises (MEDEF, Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie de Picardie, CCI d’Amiens et CGPME) se sont associés au sein de l’IRFA - APISUP pour développer la formation professionnelle en alternance, et plus particulièrement l’apprentissage, avec le soutien du Conseil Régional et des services de l'Etat comme du Rectorat. Un CFA “sans murs” s’appuyant sur les structures de formation déjà en place dans l’enseignement supérieur fut donc créé.
Plusieurs paris ont alors été pris. Le premier était d’inciter des étudiants de l’enseignement supérieur à rester en Picardie. En effet, trop nombreux étaient ceux qui, une fois leur titre en poche, partaient vers de grandes métropoles. Le second, était de permettre au tissu économique régional de bénéficier de la présence d’établissements d’enseignement supérieur en Picardie à travers des possibilités de transfert de technologies.
Avec 15 années de recul, on s’aperçoit que ces 2 paris sont gagnés. Les étudiants restent davantage en région et les entreprises utilisent le dispositif de l’apprentissage pour créer un vivier leur permettant d’accompagner un développement et de trouver des réponses aux tensions rencontrées sur le marché de l’emploi.
Cette structure légère inter établissements a permis beaucoup de souplesse et a largement favorisé les demandes d’ouvertures de sections. Chaque établissement d’enseignement supérieur reste maître de son organisation pédagogique et se libère d’une partie importante d’administration liée à l’apprentissage en la confiant au CFA IRFA-APISUP.
L'évolution du CFA
Une offre de formation de plus en plus diversifiée: depuis sa création, l’IRFA - APISUP a su développer une offre de formation de plus en plus diversifiée, répondant ainsi aux besoins des entreprises et à la demande des jeunes désireux de mettre en application sur le terrain les enseignements dispensés au sein des différents établissements d’enseignement supérieur ayant ouvert une section. D’une section ouverte en 1995 avec l’Ecole Supérieur de Commerce d'Amiens, l’IRFA - APISUP comptabilise aujourd’hui plus de 50 sections au sein de 6 établissements de l'enseignement supérieur en Picardie (Groupe Sup de Co Amiens Picardie, Université de Picardie Jules Verne, Université de Technologie de Compiègne, CNAM Picardie, Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale).
Des effectifs en progression constante: les secteurs qui recrutent principalement sont la vente, la gestion et la finance. L’Institut d'Hygiène Industrielle et de l'Environnement et l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais maintiennent globalement leurs effectifs. La progression est un peu plus difficile pour les métiers de l’industrie du fait d’un nombre d’étudiants à la base plus faible dans ces formations. Pour les métiers liés à la communication et l’informatique, les effectifs se régulent en fonction des besoins du marché. Au 1er janvier 2010, les effectifs de notre CFA se portaient à 864 apprentis pour 23 apprentis au 1er janvier 1996.
Des résultats concluants: en terme d’obtention des diplômes, le taux de réussite aux examens avoisine les 87 %. L’apprentissage n’est donc pas un frein à la réussite aux examens, bien au contraire. En terme de ruptures de contrat, le taux est inférieur à 3 %. En terme d’insertion professionnelle, les apprentis sont embauchés à l’issue de leur contrat d’apprentissage, soit dans leur entreprise d’accueil, soit dans une autre entreprise où leur première expérience professionnelle constitue un atout déterminant. Les résultats sont également concluants en terme de portée sociale, dans la mesure où l’apprentissage permet à certains jeunes l’accès à des niveaux d’enseignement supérieur auquel leur milieu social mais, parfois aussi, leur lassitude devant un enseignement purement académique ne les incitaient pas à continuer et à réussir. Enfin, en terme de coopération avec les entreprises régionales, 54% des contrats sont signés avec des entreprises situées en Picardie.
Historique et statistiques
Les entreprises sont satisfaites de l'apprentissage. Près de 300 d'entre elles ont été interrogées en 2004, de quoi nous aider à être plus performants.
Le déroulement de la formation: plus de 97% des répondants sont satisfaits, voire très satisfaits de l'accueil des entreprises par les sections. S'agissant de la qualité de l'enseignement, plus de 97% des répondants sont satisfaits, voire très satisfaits. Enfin, le contenu de la formation correspond "beaucoup", voire tout à fait aux attentes de l'ensemble des professionnels de l'entreprise à 91%.
Organisation et méthode pédagogique: le rythme de l'alternance CFA/entreprise est adapté, voire tout à fait adapté aux besoins de l'entreprise pour 87% des répondants. Pour 97% des entreprises, il y a bien adéquation entre le niveau d'études et la mission confiée. Enfin, plus de 90% des maîtres d'apprentissage ont vu leurs attentes satisfaites.
Le type d'entreprise d'accueil: petites et grandes entreprises, nombreuses sont celles qui se préoccupent de leur avenir en recrutant des apprentis dans le supérieur. Les entreprises de moins de 200 salariés constituent la majorité des entreprises d'accueil.
S'agissant de l'insertion des apprentis après leur sortie de formation, l'enquête IPA (enquête régionale sur l'entrée dans la vie active des apprentis) réalisée en 2008 a donné les résultats suivants:
Situation des apprentis après leur formation: 62% ont été embauchés après leur diplôme (31% dans leur entreprise d'accueil et 31% dans une autre entreprise) et 16% ont poursuivi leurs études dont un peu moins de la moitié en contrat d'apprentissage.
Type de contrat des apprentis embauchés: 72% d'entre eux ont signé un CDI tandis que 18% ont signé un CDD.
Quelques témoignages
Une relation "gagnant-gagnant", c'est ainsi que l'on peut définir l'apprentissage.Pour le jeune, pour l'entreprise et même pour la collectivité, c'est synonyme de formation réussie et d'insertion dans le monde du travail.
"Former pour intégrer ensuite la société"
Entreprise: DAW France Caparol (Boves)
Tuteur: Norbert Brunn, responsable marketing
Apprentie: Laure GOUBET - ESC Groupe de Co (Bac +5)
"Engager un apprenti est aussi une façon de former le futur personnel de la société. Il s'agit d'une bonne formule : l'apprenti travaille dans l'entreprise, il acquiert de l'expérience et peut choisir les cours à l'école qui correspondent à ses préférences ou à ses besoins de connaissance. Nous avons confié à notre apprentie une vraie mission de chef de produit tout en la formant à ce poste. Ayant eu une excellente expérience avec des stagiaires de Sup de Co, nous n'avons pas hésité à confier un projet de long terme à Laure, une personne d'une formation commerciale et marketing."
"Comprendre en action et réussir en pensée"
Entreprise: Crédit Agricole Nord-Est (Laon)
Tuteur: Alain NICOLAS, responsable apprentissage
Apprentie: Sandrine DE WILDE - DUT TC - IUT de Laon (Bac +2)
"En 2003, le Crédit Agricole du Nord-Est a consacré entre 5 et 6% de sa masse salariale à la formation de ses collaborateurs, soit plus de 4 fois ce qu'exige la loi (1,5%), cela venant s'ajouter au budget de l'apprentissage. En effet, lors d'un premier emploi, la préférence est aux compétences. A l'embauche, l'entreprise choisit un candidat qui démontre des compétences immédiates et spécifiques, au poste à à pourvoir. Cette vision s'inscrit dans une politique de recrutement sur la durée, surtout lorsque les entreprises du tertiaire vont faire face à un départ massif de retraités à l'horizon 2007-2010. L'université seta-t-elle en mesure de fournir autant de diplômés que de postes à pouvoir? L'apprentissage offre une réelle synergie. La situation de travail dispense autre chose que la technique enseignée: comportement en équipe, initiation face aux imprévus, responsabilité de l'action, confrontation aux contraintes du réel. Et cette autre chose accélère la maturation des notions théoriques. Les séquences professionnelles ne sont pas les travaux dirigés de la pédagogie. Pour un apprenti, réussir c'est comprendre en action et comprendre c'est réussir en pensée."
"Un échange de compétences entre l'apprenti et l'entreprise"
"L'apprentissage, c'est le moyen de recourir à de bonnes compétences, à des personnes motivées, tout en gardant une souplesse dans les effectifs. C'est également un échange de compétences entre l'apprenti et l'entreprise qui procure des avantages aux deux parties. Les missions confiées sont diverses: préparation du budget, suivi PET-PVB et frais fixes, chiffre d'affaires et RBC quotidien. De quoi se bâtir une très belle expérience professionnelle."